Si je devais résumer ma soirée en un mot, je dirais : affligeante. Oh, je n’accuse personne. C’est peut être sûrement de ma faute. J’aurais pu changer de camarades, plaquer un sourire sur mon visage, prendre mon courage à deux mains, tenter de briser des cercles… Mais non. Voir ces êtres discuter de tout rien, un verre de bière à la main, m’a plus écœurée qu’autre chose. Et c’est en les observant que j’ai compris : je n’aime pas ces gens. Je ne me sens pas à ma place avec eux. J’en suis presque venue à regretter Y. et A.. C’est dire.
Je me suis aussi rendue compte d’une chose. Il ne faut rien attendre de personne dans ce monde. Pas même de ceux auxquels on a eu l’imprudence de donner. Je ne suis pas sure de lui en vouloir, dans le fond. Il jouait sûrement le même rôle que moi. Je serais bien pitoyable de le lui reprocher. Je me demande un peu ce que j’espérais de tout ça. S’il était venu me voir, s’il m’avait adressé la parole, s’il ne m’avait lancé ne serait-ce qu’un regard, je me serais sentie bien sale. En y réfléchissant, c’était sûrement mieux comme ça. Mais c’est clair maintenant. Je ne suis pas faite pour cet univers. J’ai le cœur bien trop mou, bien trop faible, bien trop imbibé de livres, de dramas et de films hypocrites.
Pour Q., je n’ai même pas le courage de raconter. Ne pas apprendre de ses erreurs, être au fond du trou mais continuer à creuser à s’en faire saigner les mains, je ne connais pas grand chose de pire. Fuck.